Monika Eder
Soprano
Monika Eder a suivi ses premiers cours de chant auprès de la contralto Margarete Ast, puis, après avoir obtenu son baccalauréat et suivi une année d'études de langue et littérature allemandes, elle a étudié le chant lyrique auprès de la professeure Paula Page à Francfort.
Dès les premiers semestres de ses études à l'École supérieure de musique et des arts du spectacle de Francfort-sur-le-Main, la chanteuse a obtenu des contrats en tant qu'artiste invitée dans les théâtres voisins de Darmstadt et de Mayence, notamment grâce à son talent particulier pour l'interprétation.
Elle a également collaboré très tôt avec des ensembles baroques de renom. Sa virtuosité et son talent pour la colorature sont mis en valeur dans un enregistrement réalisé avec la Hessischer Rundfunk et dans le premier enregistrement d’airs virtuoses de Hasse et Graun.
Elle a incarné Barbarina, Despina, Blonde et Susanna de Mozart sur la scène lyrique, ainsi qu’Euridice dans l’Orfeo de Gluck, Drusilla de Monteverdi, Gilda dans Rigoletto de Verdi, entre autres.
Son amour pour Bach, Mozart, Schubert et Mendelssohn, ainsi que pour la sœur de ce dernier, Fanny, a marqué la carrière de l’artiste et reste aujourd’hui encore au cœur de son répertoire.
Elle s'est notamment produite avec le Kreuzchor de Dresde sous la direction de Roderich Kreile et a régulièrement été soliste sous la direction de Georg Christoph Biller, cantor de Saint-Thomas, avec les Thomanerchor et l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig. Des représentations des grands oratorios de Bach, Haendel et Mendelssohn l'ont conduite en Israël, en Estonie, en Lettonie et au Portugal.
Sous la direction de Ton Koopman, la soprano a interprété ces dernières années Le Messie de Haendel, la Messe en do mineur et la Messe du Couronnement de Mozart, le Magnificat de Bach (Lyon, 2016) ainsi que la Passion selon saint Jean de Bach avec l’Orchestre philharmonique de Munich.
Le lied lui tient également particulièrement à cœur. Elle aime présenter ses programmes raffinés, marqués par une réflexion approfondie sur la littérature qui les sous-tend, en compagnie du pianiste Gerold Huber.
C’est là que son intérêt intense pour Goethe, ainsi que son amour tout particulier pour les compositrices romantiques allemandes, prennent tout leur sens.
À la Maison Goethe de Francfort, un programme qu’elle a conçu autour de « Suleika » a été présenté à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Marianne Willemer. À la Maison Heine de Düsseldorf, un programme composé de morceaux inspirés de figures littéraires féminines a été présenté. Les adaptations musicales de Fanny Hensel occupent toujours une place particulière.
À l’invitation du ministère fédéral des Affaires étrangères, Monika Eder s’est rendue à plusieurs reprises à Beyrouth, au Liban, en tant qu’« ambassadrice musicale ». Accompagnée par l’Orchestre national libanais, elle a interprété les « Sept lieder de jeunesse » d’Alban Berg et les « Quatre derniers lieder » de Richard Strauss, ainsi que l’« Egmont » de Beethoven en langue arabe.
Sous la direction de Sir Simon Rattle, la soprano a interprété le rôle de Hanne dans « Les Quatre Saisons » de Haydn avec le London Symphony Orchestra au Barbican de Londres.
Dans une époque où l’intelligence artificielle occupe une place de plus en plus importante, Monika Eder tient particulièrement à sensibiliser le public à ce qui est profondément humain – la voix et l’art – et à protéger ces valeurs.